To Think


We are part of
The World Coalition Against Death Penaly and The Arab Coalition Against Death Penalty.
Intervention de Dr. Walid SLAYBI


Bonjour…


// Je tiens à remercier Monsieur l'ambassadeur Bernard Emié, qui nous accueille aujourd'hui au nom de la France et de son prix pour les Droits de l'Homme 2005; Ce prix qui vient nous honorer au titre de notre lutte contre la peine de mort.

Oui, Abolir la peine de mort est un combat difficile, comme tout combat pour les droits humains.. comme tout combat pour la non-violence... Et,  il paraît que ce combat gagne de plus en plus de terrain partout dans le monde, grâce aux militants humanistes dévoués avec beaucoup de courage pour cette cause.

// Du courage d'abord…

Je pense que vous êtes d'accord avec moi, qu'on ne peut citer le Président François Mitterand sans se rappeler qu'il a eu le courage d'abolir la peine de mort en France en 1981.

Et, qu'on ne peut citer "chez nous" le Président Sélim Hoss, sans se rappeler qu'il a eu le courage de refuser de signer un décret d'exécution de deux condamnés à mort en l'an 2000.

Voilà des actes qui honorent la vie des hommes…

La Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme en France qui a pris la décision de nous remettre cette médaille "contre la peine de mort", se présente absolument parmi ces courageux désireux de voir le monde moins violent et plus humanisé.

Leur prix est d'abord un prix d'honneur pour la France, qui a aboli la peine de mort et qui comme Mr. L'ambassadeur vient de le dire : "prend toute sa part à la lutte pour l'abolition universelle de la peine de mort".

Félicitations et Remerciements.


//  Comme d'habitude, j'aime bien rappeler et se rappeler des raisons qui exigent l'abolition de la peine de mort. C'est un "exercice" extrêmement important. J'en cite 13 mes amis- ies :

·  La peine de mort tue. Soyons clairs. C'est une décision de tuer,
·  Il est vrai que celui qui a commis le crime est responsable de ce crime, mais c'est la société qui est responsable des causes. Au lieu de commettre un deuxième crime, vaut mieux en remédier les causes du premier,
·  Les causes du premier crime, sont déjà connues dans le monde entier : la pauvreté en premier lieu, l'atmosphère de guerre, les abus de l'enfance, les relations familiales tendues, les valeurs et idéologies violentes, le confessionnalisme et le racisme, les medias et la violence, la cité et la violence, les répressions sexuelles, les traditions de vengeance… ,
·  Dans tout crime, il y a une responsabilité sociale. Par conséquent, la responsabilité du criminel devient relative,
·  Ce qui fait que la peine de mort devient une peine absolue pour une responsabilité relative,
·  La peine de mort devient une fuite paresseuse de la responsabilité à trois niveaux: fuite de remédier aux causes, fuite de réhabiliter le criminel et fuite d' indémniser les parents de la 1ère victime,
·  Oui à l'abolition de la peine de mort, pour faire sortir la violence de la sphère de la loi; car la violence doit rester hors la loi,
·  Oui à l'abolition, pour ne pas légaliser la vengeance,
·  Pour que l'histoire de la justice ne soit pas plus monstrueuse que l'histoire du crime,
·  Pour ne pas perdre de vue l'objectif; l'objectif étant d'éliminer le crime et non le criminel,
·  Oui à l'abolition, car la peine de mort est sélective et politisée, s'appliquant surtout sur les pauvres et les marginalisés,
·  Oui… car toutes les recherches ont prouvé qu'elle n'a pas un effet dissuasif, et qu'elle ne diminue par le crime; bien ou contraire, elle l'augmente car les citoyens imitent leurs autorités politiques,
·  Oui… parce que la peine de mort ne donne pas l'exemple. Pire encore, elle donne l'exemple contraire car les gens au lieu d'avoir peur du crime imitent l'exécution,
·  Avec la peine de mort, on se trouve devant l'impossibilité de corriger l'erreur juridique,
·  Et si nous sommes convaincus du principe qui dit que chaque crime prémédité mérite la peine de mort, que faisons-nous alors des grands chefs qui préparent et décident les guerres !?

Les guerres de tout nom :
Les guerres divines  Les guerres "démocratiques"
Les guerres saintes  Les guerres de sécurité
Les guerres justes  Les guerres préventives
Les guerres défensives  Les guerres unificatrices
Les guerres de croisade  Les guerres de droit international
Les guerres de "jihad"  Les guerres de classe
Les guerres d'indépendance  Les guerres sociales
Les guerres de souveraineté  Les guerres révolutionnaires
Les guerres nationales  Les guerres de libération


//  Je m'arrête là… pour dire que c'est à partir de cette vision globale que je suis pour l'abolition de la peine de mort.
C'est à partir de cette vision qu'on a entamé il y a plus de 9 ans, notre lutte effective pour l'abolition.
Une Campagne libanaise fût bâtie, avec succès, et grâce aux efforts de tous ceux et celles qui ont mis de l'énergie, du temps et de la solidarité, afin de rendre cette cause au cœur du débat public.

Cette Campagne a contribué en 2001 à l'annulation d'une partie de la loi des sanctions intitulée "qui tue sera tué", la loi Nº 302/ 94.
Elle a encouragé 7 députés à présenter, pour la 1ère fois dans l'histoire du parlement libanais, un projet de loi pour l'abolition.
Cette Campagne a réussi à rassembler une 1ère Force civile abolitionniste de 60 associations et partis politiques de toutes les régions de pays, avec des dizaines d'individus, des centaines de sympathisants... et 74% des députés qui se sont prononcés, lors d'un sondage par écrit, pour une abolition progressive et /ou immédiate de la peine de mort.

Là, je tiens à saluer très fort mes amis- ies ici présents, membres de cette Campagne, avec qui j'ai aimé partager la médaille.

// Et, permettez-moi de saluer et de remercier Mme Emmanuelle Blatmann Premier Secrétaire à l'ambassade de France, qui a voulu de tout cœur mener à bien cette cérémonie, respectant très fort notre lutte contre la peine de mort au Liban.

//  Reste beaucoup à faire ? Oui.
De notre part, nous avons préparé un projet de loi alternatif visant à libérer la loi des sanctions au Liban de la peine de mort. Notre projet sera présenté au Parlement à travers notre ami le député Ghassan Mokhabeir, membre actif de la Campagne libanaise.

La peine de mort sera abolie au Liban, certes. Ce n'est qu'une question de temps. Nous oeuvrons ensemble afin que ce temps soit le plus court possible.

//  Pour terminer, j'aimerais bien dire ceci :

Le pourvoir de tuer ne doit être donné à personne. Ni à un juge, ni à un ministre, ni à un premier ministre, ni à un président de la république, ni à un patriarche ou un muphti… ni même à Dieu qui d'ailleurs n'en veut pas…

Et si pour  quelque défection  sociale, un crime est  commis, notre mission  sera  d'empêcher qu'il ne se répète et non qu'on le répète nous-même de nos propres mains, embelli sous le nom de "Justice"…

Car, chers amis -ies, deux crimes ne font pas justice.

Merci

Beyrouth, 20 mars 2006
Cérémonie à l'ambassade de France, Rue Damas 



Key Moments
Contact Us
Phone +961 1 445 333
+961 3 111 445